lundi 11 février 2019

Prédication du 10 février 2019 Série « nous croyons » (2/5) « Il a donné sa vie en sacrifice, une fois pour toutes, sur la croix ». (S. Guiton)

Je vous propose de poursuivre de sonder les mystères qui fondent noter foi chrétienne, en parcourant la confession de foi des Eglises Evangéliques Libres. C’est l’article 2 qui va nous intéresser aujourd’hui, dans la droite ligne du cantique que nous venons de chanter.

2. Nous croyons en Jésus-Christ, né de la vierge Marie, vrai Dieu et vrai homme, médiateur d'une alliance nouvelle par laquelle la vérité et la vie sont offertes aux hommes. Il a donné sa vie en sacrifice, une fois pour toutes, sur la croix. Livré pour nos fautes, il est ressuscité pour notre justification. Il est les prémices de notre propre résurrection. Elevé à la droite de Dieu, il est l'unique voie de salut.

Jésus a été donné sa vie en sacrifice sur la croix pour nos fautes » : cette interprétation de la mort de Jésus de Nazareth est bien au coeur de notre foi - de nos chants, de la Sainte Cène… Et pourtant, elle n’a reste pour beaucoup un « scandale », c’est-à-dire, littéralement, une pierre qui fait trébucher. Une folie, dit même Paul. 


Car la Bible ose poser l’équation suivante, qui a de quoi surprendre.



Méditons cela à travers un passage de la Bible. 


Hébreux 10.1-23

Cette lettre s’adresse probablement à des chrétiens issus du judaïsme. L’auteur leur écrit pour les encourager à persévérer dans leur foi, car après la passion des débuts de leur conversion, ils ont tendance à se décourager. Certains laissent même tout tomber. 
Alors l’auteur leur explique à nouveau le mystère de l’Evangile : Dieu avait établi une première alliance avec les hommes par la loi de Moïse, la mort de Jésus a inauguré une nouvelle alliance qui accomplit parfaitement tout ce que la première ne parvenait pas à faire.

1 La loi, en effet, possède une ombre des biens à venir, et non l'exacte représentation de la réalité; elle ne peut jamais, par l’offrande annuelle et toujours répétée des mêmes sacrifices, conduire à la perfection ceux qui y participent. (…) 5 C'est pourquoi, en entrant dans le monde, Christ dit : Tu n'as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m'as formé un corps; 6 tu n'as accepté ni holocaustes ni sacrifices pour le péché, 7 alors j'ai dit: ‘Me voici, je viens – dans le rouleau du livre il est écrit à mon sujet – pour faire, ô Dieu, ta volonté.’ (…)
10 Et c'est en raison de cette volonté que nous avons été rendus saints par l'offrande du corps de Jésus-Christ une fois pour toutes.
11 Tout prêtre se tient chaque jour debout pour faire le service et offrir fréquemment les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés, 12 tandis que Christ, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu. 13 Il attend désormais que ses ennemis soient réduits à lui servir de marchepied. 
14 En effet, par une seule offrande il a conduit à la perfection pour toujours ceux qu’il rend saints. 15 C'est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi, car après avoir dit: 
16 Voici l'alliance que je ferai avec eux après ces jours-là, dit le Seigneur: je mettrai mes lois dans leur cœur et je les écrirai dans leur esprit, 
17 il ajoute: Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs fautes.
18 Or là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus à présenter d'offrande pour le péché. 
19 Ainsi, frères et sœurs, nous avons par le sang de Jésus l’assurance d’un libre accès au sanctuaire. 20 Cette route nouvelle et vivante, il l’a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire de son propre corps. 21 De plus, nous avons un souverain prêtre établi sur la maison de Dieu. 22 Notre coeur est nettoyé de tout ce qui le rend coupable et notre corps a été lavé dans une eau pure. Alors approchons-nous avec un cœur sincère et en croyant avec assurance. 
23 Affirmons ce que nous espérons sans nous décourager, car Dieu tient ses promesses et il est fidèle. 24 Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l'amour et à faire le bien. 25 N’abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont l’habitude, mais encourageons-nous mutuellement ».


L’idée clé de ce passage complexe, c’est qu’en une seule fois, Jésus a réglé le problème du péché et ouvert à tous l’accès à Dieu - que la première alliance ne traitait qu’imparfaitement. Et qu’il l’a fait en se sacrifiant volontairement. 

A longueur de films, aujourd’hui, on voit des gens qui se sacrifient pour les autres. Pourtant l’idée que Jésus se soit sacrifié pour que Dieu puisse nous pardonner choque nos consciences contemporaines - au point que même parmi les chrétiens, bien des interprétations de la croix excluent aujourd’hui cette idée de sacrifice : on garde l’amour ; le fait que Jésus ait été innocent, et que sa mort révèle notre propre violence. Le fait qu’il a vécu jusqu’au bout son propre message d’amour et de pardon. Tout cela est vrai. Et le discours biblique sur la croix ne doit surtout pas être simplifié à l’extrême, alors qu’il est multi-facettes : différentes images et explications de la croix sont présentes dans la Bible, comme autant de facettes, d’angles de vue sur une même réalité. 

Cependant le discours dominant est que la croix est bien « un sacrifice pour nos péchés ». Mais sans doute y a-t’il beaucoup de contresens sur ce que cela signifie. Peut-être a-t’on besoin, pour mieux comprendre, de placer la croix dans la perspective de l’ancienne alliance, comme le fait ce texte. 

Tout le système religieux de la première alliance, décrit dans le Lévitique, est fondé sur la révélation que Dieu est saint, et que rien de ce qui est concerné de près ou de loin par le mal ne peut approcher de lui. Dieu dit même à Moïse (qui pourtant parlait avec lui « comme un ami parle à son ami « ) : « voir mon visage, c'est impossible, dit Dieu à Moïse. En effet, un être humain ne peut pas me voir et rester vivant. » (Ex 33.20). A cause de la souillure, de l’impureté provoquée par le péché. 

Cela explique d’abord les sacrifices d’animaux : ils étaient nécessaires pour que les hommes puissent s’approcher de Dieu sans mourir à cause de leur péché. 
Pourquoi des sacrifices d’animaux ? Symboliquement, les péchés de celui qui offrait le sacrifice étaient « transférés » sur l’animal, qui mourait à la place du coupable. Ce n’était qu’un transfert symbolique, un système temporaire - Dieu acceptait par ce geste qui devait être un geste de foi de différer son jugement et d’accueillir le pécheur. 
Comme le rappelle le v.11, le grand prêtre devait offrir tous les jours ces sacrifices pour ses propres péchés et ceux du peuple. 
La répétition de ces sacrifices signifiait en tout cas que le péché restait bien présent, sans que les hommes en soient délivrés. Rien n’était réglé. 

Mais le Christ, « après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés », « par une seule offrande », « a conduit à la perfection pour toujours ceux qu’il rend saints ». Ce qui signifie qu’en s’offrant lui-même, Jésus Christ casse le système : ce don parfait du Fils de Dieu, innocent, pur, règle aux yeux de Dieu la question du péché. En lui, la libération du péché est définitivement acquise. 
Et c’est « une fois pour toutes ». L’auteur insiste là dessus. 
"Or là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus à présenter d'offrande pour le péché ». 

Le pardon est offert, en somme, sans qu’aucun sacrifice soit nécessaire. Dieu a tout accompli. C’est la grâce, le cadeau de Dieu. 

Deuxième aspect, deuxième réalité du judaïsme ancien : le rideau du Lieu très Saint, auquel les v.19 et 20 font allusion. A cause du péché toujours, l’accès à la présence de Dieu n’était pas ouvert à tous. Il y avait cependant, au coeur du Temple, un pièce nommée le lieu Très Saint. On y était au plus près possible de Dieu.


Mais la pièce était fermée par un « voile » infranchissable, et personne ne pouvait entrer là sous peine de mourir, à part le grand prêtre, une fois par an, le jour du Grand Pardon, qui venait offrir un sacrifice pour les péchés de tout le peuple juif. Et encore, le grand-prêtre entrait avec une chainette au pied, comme ça s’il mourait (en entrant sans respecter les règles de purification par ex.) on pouvait sortir son corps sans mourir à son tour ! Terrible sainteté de Dieu…

Quand Jésus est mort, le voile du Temple s’est déchiré de haut en bas, ouvrant à tous ceux qui croient en lui le chemin vers ce Dieu saint. 
« Il a ouvert pour nous un chemin nouveau et vivant à travers le rideau du temple, c'est-à-dire à travers son corps humain ».

Ainsi donc, c’est par la croix que Dieu règle la question du péché et nous ouvre sa présence.
La croix n’est donc pas un accident mais le moyen que Dieu a choisi pour me sauver, dans un plan fixé de longue date, comme l’auteur le prouve en citant plusieurs passages des Psaumes où Jésus, déjà, parle. Car c’est bien lui le FIls qui dit à Dieu le Père : « Tu n'as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m'as formé un corps; … j'ai dit: ‘Me voici, je viens … pour faire, ô Dieu, ta volonté ».

Beaucoup imaginent spontanément que puisque Dieu est amour, il ne peut que nous accueillir près de lui, que c’est simple… c’est vrai - mais uniquement parce que Jésus a fait ce qu’il fallait pour que le péché ne fasse plus obstacle entre Dieu et nous. 
Comment Dieu, qui est parfaite justice, pouvait-il répondre en même temps à l’exigence d’être juste - et donc de ne pas laisser le mal impuni - et au désir de son coeur de Père de nous réconcilier avec lui, de nous accueillir dans sa présence sainte, alors qu’un être humain ne peut pas voir Dieu et rester vivant, à cause du péché ? (Ex 33.20)
Comment Dieu pouvait-il concilier la justice et l’amour ? 

Par la croix: elle est la punition que mérite le péché. Une victime est offerte pour le péché. Ainsi, la justice est rendue. 
Mais cette victime, c’est Dieu lui-même, qui prend la place du condamné pour que nous soyons déclarés innocents - ainsi, son amour s’exprime.

Cela donne encore plus profondeur à l’amour que Dieu exprime ici pour nous. 



Alors oui, il est possible de poser cette équation : la croix, c'est de l'amour. 

Maintenant, la question qui se pose à nous, face à tout cela, c’est : qu’est-ce que je vais en faire ? Qu’est-ce que ça change pour moi, aujourd’hui ? Comment répondre à cet acte d’amour ? 

La croix est un carrefour pour chacun d’entre nous et nous appelle à un choix : croire, recevoir ce que Dieu nous offre là - et vivre. Ou bien passer notre route, dire non, et rester loin de Dieu. Rester dans la mort. 

Comment accepter ? 

Je ne crois que pour cela il faille d’abord chercher une émotion, négative ou positive, contrairement ce qui a pu se faire. Beaucoup de nos chants parlent d’être « émus », « bouleversés » par la croix (on va en chanter un après !). Pourquoi pas…
Mais les émotions passent. Et puis, attention à l’usage qu’on a pu en faire : quand j’étais ados, dans un camp, un pasteur nous a un jour montré une image de la crucifixion, en nous 
interpellant : « si vous ne ressentez rien en regardant la croix, il y a un problème dans votre vie » ! 
De même, une de mes amies exprime encore la colère, à 80 ans passés, quand elle raconte comment, dans son enfance, le prêtre lui montrait la croix en lui disant : « tu vois, c’est à cause de toi qu’on lui  fait ça »!  Autant vous dire qu’il ne fait pas lui parler de la foi chrétienne. Comment peut-on faire ça à des enfants ? 

Oui la croix acte notre culpabilité devant Dieu, mais pour nous en libérer ! 

Bien sûr, comme l’a dit quelqu’un, il y a pour nous, dans le sacrifice de Jésus, à la fois de la joie et de la douleur : « douleur, car ce que le Christ a souffert ne peut pas être pris à la légère ; joie, car cette douleur est la cause de notre paix d’enfants de Dieu, de notre réunion dans la famille du Père, de notre accès à l’amour ». 
Et c’est la joie qui domine ! « Goûtez et voyez combien l’Eternel est bon ! ». 

A la croix, Dieu m’invite aussi à changer en profondeur mon regard sur moi-même. En la regardant, je peux me dire : je suis aimé jusque-là. Dieu a estimé que je valais assez pour aller jusque là pour me ramener vers lui. 
Et ça change tout. 

Je reviens à la question : comment répondre à cette déclaration d‘amour de Dieu ? La fin du texte nous le dit, simplement : « approchons-nous avec un cœur sincère et en croyant avec assurance ». 


Approchons-nous. C’est ça le mouvement de la foi. 

Pendant la semaine, j’ai entendu cette citation : « Dieu n’attend rien de moi. Il m’attend, moi ». 
Voilà comment je peux répondre : en recevant ce que Dieu m’offre avec confiance, et en m’approchant de lui.

Jésus lui s’est déjà approché de nous ; il n’est plus sur la croix, il est ici. Ressuscité des morts, il est vivant, présent ici même si nous ne pouvons pas le voir. 

Il nous invite à nous approcher de lui à notre tour, en le priant. 
Il nous invite à « gouter et voir combien l’Eternel est bon » ! (Ps 34).

Cette décision est personnelle. Nous pouvons décider de dire oui à Dieu, dans une prière - ou pas. 
Je vais donc conclure en priant, et je vous propose de vous associer à ma prière, si vous le souhaitez. 
Peut-être vous dites-vous : « J'ai besoin de plus de temps pour y réfléchir. » 
Prenez votre temps, ne faites rien qui vous mette mal à l’aise ou qui ne vienne pas « d’un coeur sincère ». 


« Seigneur Jésus-Christ, 
Je m’approche de toi maintenant. 
J’ai conscience de tout ce que j'ai pu faire de mal, [j’ai des exemples en tête]  De tout ce qui me sépare de toi.
Je te demande pardon. Je veux vraiment choisir la vie avec toi. 
Merci d’être mort pour moi sur la croix, pour que je sois pardonné et libéré. Merci de m’offrir ton pardon. Je le reçois maintenant. 
Entre dans ma vie Seigneur par ton Esprit Saint, que j’entre dans la vie éternelle avec toi. Conduis-moi plus près de toi. 
Merci, Jésus. 

Amen ! »


Sylvain Guiton 

lundi 4 février 2019

Prédication - Les trois dimensions de la vie d'Eglise - Etre à l'image de Jésus-Christ - Rom 8.29 - 1 cor 15.49 - 2 Cor 3.18 (F.Sépari)

Eglise de Lyon (Diapo noire)                                                            Le 3 février 2019

Assez vite dans ma jeunesse, j’ai cru en l’existence d’un Dieu Créateur et Tout puissant. Je ne pouvais pas imaginé qu’un monde aussi complexe, aussi harmonieux puisse avoir apparu tout seul, par une succession inimaginable de hasards improbables. Mais voilà, je n’avais aucune idée de ce que ce Dieu attendait de moi ! A la lumière de l’immensité de l’univers, de la complexité de la vie biologique, mon Créateur devait certainement être très grand et très puissant, et sans doute, devais-je me soumettre à Lui comme le font les plus faibles face aux plus forts, afin de ne pas m’attirer d’ennuis ! A cette époque, j’allais à l’église le dimanche, comme on va à l’école, par devoir, pour montrer que je reconnaissais Sa puissance et que je préférais si possible qu’il me bénisse et me fasse du bien plutôt que l’inverse.
Plus tard, ayant vécu une expérience de conversion, je me suis alors rendu compte que Dieu n’était pas l’Etre indifférent et distant que j’imaginais, mais qu’il aimait profondément les hommes, au point d’être lui-même venu les sauver en Jésus-Christ. C’était fantastique ! L’esprit avec lequel j’allais à l’église a alors complètement changé, mais sans pour autant comprendre que Dieu avait un plan de transformation pour ma vie, un plan de réhabilitation de mon humanité abimée par l’orgueil et toutes sortes de convoitises. En fait, en allant tous les dimanches à l’Eglise, je me contentais de maintenir la flamme de foi, d’espérance et d’amour qui était venue habiter sur moi, en attendant le moment d’aller au ciel. Je n’avais pas encore pleinement conscience que Dieu voulait que je change moi-même, que je grandisse spirituellement. Je supposais à tort que tout cela était secondaire et puis, j’avais tellement d’autres choses à découvrir, à vivre, à accomplir avant de quitter ce monde !
J’ai partagé ce bref témoignage, car je pense qu’une majorité de chrétiens pensent encore un peu de cette manière, comme je l’ai fait dans le passé, et comme il m’arrive encore de le refaire. Nous le faisons sans nécessairement se l’avouer de façon claire et consciente. Et pourtant Dieu a un objectif bien différent pour nous. Voyez ce que la Bible nous dit par l’apôtre Paul : (Diapo textes)

Rom 8. 29 En effet, ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à devenir conformes à l'image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d’un grand nombre de frères. 30 Ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; ceux qu'il a appelés, il les a aussi déclarés justes; et ceux qu'il a déclarés justes, il leur a aussi accordé la gloire.
La prédestination nous parle d’un objectif élevé et valable pour l’éternité.

1 Cor 15.49 Et de même que nous avons porté l'image de l’homme fait de poussière (Adam), nous porterons aussi l'image de celui qui est venu du ciel (Jésus).
Cette parole évoque notre identité future !

2 Cor 3.18 Nous tous qui, sans voile sur le visage, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur.
Ce dernier verset est au présent et suggère un processus qui commence dès maintenant. Si je comprends bien la pensée de l’apôtre Paul, Dieu veut que nous devenions semblables à Jésus dans notre cœur, dans nos motivations, dans notre humanité tout entière… et cela, dès maintenant, sans attendre le monde parfait à venir. Il veut que nous devenions non seulement ses fils d’adoption par notre foi en Jésus, mais aussi des fils de « cœur » par une transformation progressive de notre âme, de nos pensées, de notre façon de vivre. Dieu veut non seulement que devenions ses enfants par le pardon gratuit offert par Jésus qui nous accorde sa justice, mais aussi que nous alignions de manière volontaire notre cœur sur les objectifs divins, en nous appropriant le plan de Dieu pour notre vie, en développant des traits de caractère semblables à ceux de Jésus. Dieu désire que devenions de petits Christs dans le monde présent, en d’autres termes des « chrétiens », car chrétiens veut dire « petit Christ » ou « porteur de Christ » ! Dieu ne désire pas nous dorloter mais nous faire grandir à l’image de son Fils ! (Diapo Jésus)
Quel était le caractère de Christ d’après les Ecritures Saintes ? Le texte est sobre et nous lisons probablement le Nouveau Testament, avec le filtre de nos propres expériences, de notre éducation, et nous ne sommes pas toujours très objectifs. J’ai évolué au fil du temps, et je perçois une personnalité étonnamment forte, et profondément bonne en même temps. Jésus était un homme à la fois juste et plein de compassion, sachant se laisser toucher par la détresse des autres comme si cette détresse était la sienne. Il était courageux, mais pas intrépide; solide dans ses objectifs, mais pas insensible … Il était pur, saint et proche de Dieu à chaque instant, mais pas distant des autres pour autant, sachant s’adapter à la faiblesse de chacun pour le rencontrer là où il se trouve. Et en dépit du sérieux et de la gravité de sa mission de salut, Jésus demeurait joyeux et reconnaissance envers son Père Céleste. Même quand ses discours devenaient stimulants et provocateurs, il le faisait toujours avec amour, et pour le bien de ses auditeurs. C’était une personnalité hors du commun dans le sens qu’elle était parfaitement équilibrée, parfaitement différenciée. Je comprends que les disciples aient eu du plaisir à l’écouter, à partager sa mission et à le suivre partout où il allait, car Jésus devait être un compagnon agréable à vivre. Sa présence les protégeait comme un père bienveillant protège ses enfants, comme un arbre majestueux protège de son ombre tous ceux qui se reposent sous ses branches. (Diapo noire)
Or justement, Dieu désire que nous devenions comme Jésus, avec un caractère comme le sien afin que nous puissions devenir à notre tour des repères pour les autres, afin d’être nous-mêmes de belles plantations qui protègent de leur ombre ceux qui peinent, ceux qui souffrent. Dieu veut que nous soyons peu à peu transformés à son image, afin de ressembler à notre grand frère ! C’est là son plan complet pour votre vie présente.
Certains vont peut-être se dire en eux-mêmes que « ressembler à Jésus » est un objectif risqué et qu’ils n’ont guère envie de terminer cloué sur une croix. C’est vrai qu’être différent des autres, nous causent toujours des ennuis, surtout quand cela concerne la foi. On peut vite être méprisés, injuriés, blessés par des paroles injustes, mais cela vaut le coup ! Car le plan de Dieu pour notre vie est bien meilleur que celui les autres ont généralement pour nous ! (Diapo 2 cor 3)
2 Cor 3.18 Nous tous qui …  contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur.
Bien entendu, cette croissance ne peut se faire en quelques jours, ni même quelques mois, c’est un processus qui dure toute une vie. (Diapo 5 étapes : connaissance) Il faut commencer par connaitre la volonté de Dieu telle qu’elle nous est révélée dans la Bible, en nous imprégnant des leçons qu’elle nous donne. Mais cela ne suffit pas, il faut ajouter à cette connaissance  une perspective (Diapo perspective) globale du plan de Dieu, en faisant des relations entre les nombreuses vérités révélées, en jugeant  de leur importance relative, en  tentant de voir la vie du point de vue de Dieu. Mais cela ne suffit pas, il faut ajouter à cette perspective biblique (Diapo conviction) une conviction personnelle que ce que Dieu nous demande est vraiment bon pour nous. Et pour cela, il convient de développer nos propres raisons, nos propres motivations pour être chrétien, afin de dépasser le simple sentiment du devoir, ou la seule influence bienfaisante de nos proches. C‘est cette conviction personnelle qui va vous motiver et vous donner l’énergie pour avancer et continuer à marcher sur le chemin de la croissance spirituelle. Mais cela ne suffit pas encore, il faut ajouter à votre conviction, l’acquisition de nouvelles capacité pratiques ou compétences (Diapo compétences), pour faire le bien autour de nous, pour servir selon vos dons. Et tout cela va aboutir peu à peu à un changement de nos habitudes et (Diapo caractère) de notre caractère. Vous allez  progressivement adopter les traits de caractère de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est un long processus qui comprend des hauts et des bas, et qui peut être marqué par quelques rechutes, mais c’est le plan de Dieu pour notre vie! (Diapo 2 cor 3)
2 Cor 3.18 Nous tous qui …  contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur.
Pensez-vous qu’en allant une fois de temps en temps le dimanche à l’Eglise, vous allez trouver assez de force pour commencer à vivre ce processus de transformation ? (Pause)
 Je pense que je vais en décevoir plusieurs, mais c’est presque certain que non ! (Diapo noire) Car même en allant chaque dimanche à l’Eglise, ce qui est fort bien (et je vous encourage à continuer à le faire partout où vous vous déplacer), vous recevrez une nourriture à peine suffisante pour vous maintenir en état de survie spirituelle. Pardon d’être un peu brutal ! 
Pour qu’un enfant se développe pleinement et harmonieusement, (Diapo enfant) il lui fait une nourriture riche et équilibrée, contenant glucides, lipides, protéines, vitamines, minéraux, et de l’eau bien sûr, et plein de bonnes choses encore. De même pour grandir spirituellement, il nous faut un régime spirituel équilibré qui nous permettent de progresser dans toutes les étapes que je viens de mentionner : Connaissance, perspective, conviction, savoir-faire, caractère ». Les réunions du dimanche matin qui certes réjouissent le cœur de Dieu, et lui offre la reconnaissance et l’adoration qu’Il mérite, ne suffisent pas à pourvoir à tous les éléments nécessaires à notre propre croissance. Il nous faut davantage, et surtout il nous des moments spirituels variés qui se complètent entre eux.
Si je regarde l’Eglise du Nouveau testament au temps des apôtres, il semble que les chrétiens vivaient leur foi dans trois types de lieux différents. (Diapo Trois types de lieux)

1)     D’abord il y avait les grands rassemblements du dimanche matin soit dans le temple de Jérusalem, soit en extérieur, soit dans de grandes villas romaines …
2)     Ensuite, il y avait une multitude de petits groupes en semaine, regroupant 10 à 12 personnes maximum car la plupart des maisons de cette époque étaient petites.
3)     Et enfin les croyants avaient chaque jour un temps de prière individuel, seul à seul avec Dieu, dans la nature, sur les montagnes ou bien sur les toits en terrasse des maisons de cette région très ensoleillée du monde.
Voici ce que nous lisons à propos de l’apôtre Pierre avant qu’il ne parte rencontrer le centurion romain Corneille : (Diapo Actes 10)
Actes 10.Le lendemain, … Pierre monta sur le toit vers midi pour prier. 10 Il eut faim et voulut manger. Pendant qu'on préparait le repas, il tomba en extase. 11 Il vit le ciel ouvert et un objet ressemblant à une grande nappe attachée aux quatre coins qui descendait et s'abaissait vers la terre.

Ne montez pas sur les toits pentus de nos maisons françaises, ils ne sont pas adaptés à ce genre d’exercice. Mais en revanche, oui, prenons vraiment l’habitude de prendre chaque jour 20mn avec Dieu, de préférence le matin, ou bien à une autre heure de la journée.

Vraisemblablement, Pierre priait plusieurs fois par jour. Le texte mentionne ici sa prière du midi, car c’est en cet instant que Dieu va lui révéler, dans une vision un peu étrange, qu’il doit accepter d’entrer chez un païen, chez un non-juif afin de lui annoncer l’Evangile. Habituellement, les juifs n’agissent jamais ainsi, car la demeure des païens est jugée impure. Si on ajoute à ces quelques indications concernant la prière de Pierre, le fait que Jésus se retirait régulièrement pour prier dans la montagne, cela souligne l’importance de ces temps de recueillement, de méditation solitaire dans la présence de Dieu.

Et puis, il y a cet autre texte du livre des Actes que vous avez peut-être déjà lu : (Dia Actes 2) Actes 2.41 Ceux qui acceptèrent sa parole furent donc baptisés et, ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ 3000 personnes. (...) 46 Chaque jour, avec persévérance, ils se retrouvaient d’un commun accord au temple; ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. 47 Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple.

Et cette fois, le passage mentionne deux autres moments spirituels importants : les réunions dans les maisons (moins d’une dizaine de personnes sans doute), et les grands rassemblements au temple de Jérusalem (plus de 3000).


Et donc en parcourant les textes de Nouveau Testament, on découvre assez vite que la vie d’Eglise possédait au moins trois dimensions différentes (Diapo 3 dimensions): les temps de prière individuelle, les réunions de maison, et les grandes célébrations du dimanche matin. Et nous devons nous aussi posséder ces trois dimensions si nous voulons grandir spirituellement, et non juste survivre. Chacun de ces lieux apporte des éléments spirituels différents et indispensables à notre développement et à notre transformation intérieure.

  1. Nos temps méditatifs avec Dieu, d’environ 20mn chaque jour, sont l’occasion de lire notre Bible, de prendre connaissance de la volonté du Père pour nous, et de demander à Dieu le secours de son Esprit pour bien la comprendre et la vivre.
  2. Les rencontres en petits groupes une fois par semaine (ou tous les 15 jours) nous apportent plutôt de l’encouragement, un soutien mutuel face aux difficultés de la vie, la possibilité de développer nos propres convictions, et aussi de mettre en pratique nos dons à petite échelle pour acquérir un savoir-faire propre au service et à l’amour de notre prochain.
  3. Enfin, le culte du dimanche matin est surtout l’occasion de manifester notre adoration, notre reconnaissance tous ensemble, et de rendre Dieu un peu visible pour notre société, pour notre monde, qui souhaite l’ignorer. C’est aussi le moment où nous recevons un enseignement destiné  à nous ouvrir des perspectives sur la volonté de Dieu.  (Diapo noire)

On n’épuise pas tous les lieux de croissances spirituels avec ces trois types de réunions, il y en a bien d’autres, notamment pour servir, mais ces trois types de rencontres se complètent harmonieusement et nous apportent une nourriture spirituelle équilibrée.
S’il en manque une, s’il manque un des niveaux, la croissance ne se fait plus ! Les connaissances ne débouchent plus alors sur des perspectives nouvelles, les convictions personnelles ne s’ouvrent plus sur une mise en pratique et une transformation du cœur. Peut-être, est-il possible vivre ces trois types de rencontre en même temps le dimanche matin dans une petite Eglise de type familiale, mais même là, je doute que cela soit suffisant ! 

En revanche quand l’Eglise grandit, se développe (et il le faut pour qu’elle en visibilité et touche des gens en recherche), ce n’est simplement plus possible de tout faire le dimanche ! Il faut des rencontres différentes qui se complètent les unes les autres.
Peut-être certains se disent en eux-mêmes : « Mais moi je ne suis pas pasteur, je ne suis pas payer pour lire ma Bible et pour prier ! J’ai une vie professionnelle intense et exigeante, je ne dors même pas toujours suffisamment, j’ai des enfants qui ont besoin de moi pour leurs devoirs, pour leurs repas, qui s’accrochent chacun à mes bras ou mes jambes dès que je suis avec eux, comment pourrais-je, dans ces conditions, trouver tout ce temps pour Dieu en plus de toutes mes obligations ? » 
Evidemment, il faut garder un juste équilibre entre tous nos engagements, mais on peut souvent réorganiser nos priorités, éliminer les temps morts ! Mais surtout, réfléchissons un instant, 20 mn par jour ce n’est pas énorme sur 24 heures, sur 1440 mn chaque jour, c’est 1/72ème (c’est moins de 1,5% du temps de notre journée). Et qu’est-ce qui empêche de faire de joindre l’utile à l’agréable en faisant de nos rencontre de petits groupes des occasions de détente autour d’une collation, en plus du temps du partage biblique. Il est possible de trouver ce temps ! Et non seulement c’est possible, mais on en ressent vite les bienfaits dans tous les autres aspects de votre vie, professionnelle, relationnelle, parce qu’en réalité Dieu nous veut du bien, et parce que ressembler à Jésus fait de nous des êtres équilibrés et plus humains.

Il y a en France et en Europe, toutes dénominations chrétiennes confondues, des millions de chrétiens qui sont dans une sorte de léthargie spirituelle, dans des Eglises elles-mêmes atones, parce qu’ils s’imaginent à tort que leur seul devoir spirituel consiste à venir le dimanche matin à l’Eglise, et que cette seule rencontre suffira à les nourrir pour le reste de la semaine. Vous allez me dire, c’est mieux que rien, et je suis tout  fait d’accord (car certains ne viennent même pas très régulièrement à l’Eglise), mais c’est insuffisant. Cela explique sans doute la faiblesse de l’Eglise occidentale aujourd’hui.

Toutes les fois où il y a eu des réveils religieux en Allemagne, en Grande Bretagne ou en France, toutes les fois où l’Esprit a bouleversé un grand nombre de cœurs, on retrouve au cours de ces périodes de réveil (avant, pendant, après, je ne sais pas !) une nourriture spirituelle abondante et variées, avec des personnes qui se retrouvent en conventicules, en communautés, en petits groupes (peu importe le nom !) pour prier, s’encourager et méditer la Bible, et qui prennent aussi chaque matin un temps de lecture et de recueillement personnel, et cela avec une immense joie, et une attente pleine d’espérance ! On retrouve alors spontanément les trois dimensions de la vie d’Eglise du N.T. ! (Diapo textes)
Rom 8. 29  … [Dieu nous] a aussi prédestinés à devenir conformes à l'image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d’un grand nombre de frères.                                                                         1 Cor 15.49 Et de même que nous avons porté l'image de l’homme fait de poussière, nous porterons aussi l'image de celui qui est venu du ciel.
C’est là le plan de Dieu pour notre vie. Il faut nous en donner les moyens, et développer de nouvelles habitudes. Dieu ne fera rien sans notre accord.
Que nous puissions chacun entrer dans le plan de Dieu pour nous, et vivre une croissance en foi, en amour, en grâce en nous nourrissant suffisamment de sa Présence, et de sa Parole! Amen ! (Diapo noire)

Question pour les petits groupes de partage :
  1. Relisez ces trois passages Rom 8.29-30, 1 Cor 15.46-49, 2 Cor 3.18. Qu’est-ce qui vous touchent dans ces textes ? Que font-ils résonner en vous ? Quelle espérance suscitent-ils ?
  2. Quel trait de caractère de Jésus vous semble le plus attrayant ? Pourquoi ? Le possédez-vous aussi dans une moindre mesure ? Quel trait de caractère de Jésus vous semble le plus difficile à vous approprier ? Pourquoi ? En quoi l’absence de ce trait aurait déséquilibré la personnalité humaine du Seigneur ?
  3. Si vous additionnez le temps que vous dédiez à Dieu chaque mois au travers de vos temps de recueillement personnel quotidien, de vos réunions de petits groupes, des temps de cultes, combien cela fait-il en pourcentage ? (Certes, la quantité de temps passé à méditer et à prier n’est pas le seul critère. La qualité du temps passé avec Dieu et l’équilibre entre les différents aspects de notre piété sont très importants également, mais la modestie de ce pourcentage peut nous renvoyer une meilleure appréciation de la réalité de notre piété personnelle)
  4. Dans quelle dimension de la vie d’Eglise : 1- culte personnel quotidien, 2 - partage en petits groupes, 3 - participation au culte du dimanche matin, pourriez-vous faire des progrès ? Pourquoi est-ce plus difficile pour vous dans certains domaines que dans d’autres ? Imaginez une façon pratique et en même temps réaliste de progresser dans la dimension la moins développée. Quel défi sage et raisonnable chacun pourriez-vous vous lancer à vous-mêmes et chercher à tenir au moins jusqu’à la prochaine rencontre ? (et si possible au-delà !)