jeudi 16 mai 2019

Prédication du 12 mai 2019 - Apocalypse 7.9-17 - Le peuple de l’espérance (S. Guiton)

Quand on parle d'apocalypse, on évoque le plus souvent l'anéantissement du monde dans des circonstances terrifiantes.
Pourtant, c’est tout le contraire que le livre de l’Apocalypse révèle. 
Au 1ersiècle après JC, Jean de Patmos reçoit de Dieu des visions qui ont pour but de stimuler les Eglises de l’époque, très bien intégrées dans la société païenne et qui du coup ont tendance à se laisser absorber par elle. 
En révélant ce que Dieu va accomplir dans l’avenir, l’Apocalypse vient aider ces croyant à mieux vivre leur foi dans le monde présent. Elle est un antidote contre le mal qui menace les Chrétiens de toutes les époques : le découragement qui démobilise – à quoi bon ?- et détourne de la fidélité au Christ. 
Sommes-nous découragés ? 
Alors que le texte proposé aux Eglises pour la méditation d’aujourd’hui renouvelle notre espérance et notre joie de suivre le Christ ! 

Cette vision de Jean nous amène à la fin des temps.

Apocalypse 7.9-17

9Après cela je vis : C’était une foule immense que nul ne pouvait dénombrer,
de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’agneau, vêtus de robes blanches et des palmes à la main.
10Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau.11Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux
tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu.
12Ils disaient : Amen ! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen !
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13L’un des anciens prit alors la parole et me dit : Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où sont-ils venus ?
14Je lui répondis : Mon Seigneur, tu le sais !Il me dit : Ils viennent de la grande épreuve.
Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’agneau.
15C’est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple. Et celui qui siège sur le trône les abritera sous sa tente.
16Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, le soleil et ses feux ne les frapperont plus,
17car l’agneau qui se tient au milieu du trône sera leur berger, il les conduira vers des sources d’eaux vives.
Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.


Comme tout le livre de l’Apocalypse, cette vision parle à la fois de demainet d’aujourd’hui. Et elle est pleine de symboles.  

Que voit-on donc ? Au centre, un agneau et un trône. Devant, une foule « innombrable ». D’autres personnages aussi : les anges, les « anciens », peut-être symbole d’Israël et des apôtres, et « quatre animaux », qui représentent certainement l’ensemble du monde vivant, du « règne animal». 

L’agneau (un des plus anciens symboles chrétiens), c’est Jésus-Christ, le fils de Dieu. L’agneau offert par Dieu en sacrifice, « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », selon l’Evangile de Jean. 
Au centre se tient donc le Dieu trinitaire : le Fils, l’agneau, avec le Père, « notre Dieu qui siège sur le trône », symbole du pouvoir. 
Tout est résumé en lui (v.12) : « Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force ». 
 « Qui sont ces gens (devant le trône) et d’où sont-ils venus ? », demande un ancien à Jean. On comprend que ce sont les croyants de toutes les époques, tous rassemblés. L’Église universelle. 

Le Saint Esprit est là aussi, il souffle la vision. En quoi peut-elle nous aider à vivre notre foi dans le monde présent ? 
Elle peut nous encourager en nous aidant à comprendre quel type de peuple il est en train de rassembler dans l’Église, et où il le conduit. 

J’ai retenu 5 points. 

1.     D’abord, c’est un peuple nombreux que Dieu en est train d’appeler à lui. 
Cette image de ces gens qui se tiennent « sera un interminableculte où il faudra rester debout ! (cf vieux monsieur d’Alès). 
L’image symbolise la grande proximitéque Dieu désire avec chacun d’entre nous. 

C’est lui seul qui appelle, qui sauve par amour. Tous ceux qui sont là le sont par pure grâce : parce qu’« ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’agneau » - image paradoxale – c’est-à-dire qu’ilsont cru en Jésus, «  l’agneau » qui s’est donné volontairement en sacrifice pour eux. Sur le seul mérite de leur foi, Dieu les a déclarés justes, innocents, purs. Ce que symbolisent leurs robes blanches et leurs feuilles de palmiers, signes de joieet de victoire

Cette vision nous révèle donc ce que Dieu est en train de faire, par l’Eglise : rassembler tout un peuple, toute une famille près de lui
Un peuple nombreux, « impossible à compter ». Voilà déjà qui est encourageant pour nous, pécheurs d’hommes amateurs qui avons parfois l’impression qu’il n’y a plus de poissons dans le lac, et que nos efforts pour annoncer l’Evangile sont vains ! 
Mais « le salut appartient à Dieu », dit la foule. Au lieu de nous agiter en vain, sans doute vaut-il mieux demander à Dieu de nous conduire vers ceux qu’il désire appeler

2epoint : Dieu appelle chacun comme il est.
La foule qui est là frappe Jean par sa diversité. Il y a là des gens de toutes les cultures, de tous les pays, de toutes les langues ! 
Pas de moule uniquedonc pour les enfants de Dieu. Le vêtement blanc n’est pas un uniforme !
L’Église n’est pas là pour gommer nos particularités individuelles, au contraire. Chacun se tient devant le trône avec sa culture, son histoire, sa propre langue– c’est-à-dire son identité profonde. Mais purifié par sa foi en Jésus-Christ, comme le symbolise la robe blanche. 
Cette foi commune est donc notre vrai point commun, celui qui restera à la fin des temps. 
Voilà notre vrai point commun, ce qui fait de nous une communauté, une famille, un peuple. Voilà ce qui restera à la fin des temps. 
Le reste est secondaire. 

Je retire de cette vision un appel à relativiser certaines questions que nous nous posons dans nos Eglises – à propos de nos locaux, du style de musique, etc- 
Un appel aussi à ne pas baser notre identité chrétienne sur ces « signes extérieurs de foi » que nous apprenons vite à afficher – la bonne attitude, le bon mot, le masque approprié… tout pour donner l’impression qu’on est un sain homme ou une femme de Dieu. 
Maitriser aussi le fameux « patois de Canaan » peut aussi aider à faire bonne impression …  cette langue codée, désincarnée et sans rien qui dépasse… (pas celle que vous avez utilisée sur la route pour venir, j’imagine, quand le mec en trottinette électrique vous a frôlé à contresens…)
A l’inverse, on juge facilement ceux qui ne maitrisent pas nos codes. 

Dieu n’est pas dupe de nos vies. Ce qui restera à la fin, ce sera le contenu de nos cœurs. Notre foi. 
Alors, pourquoi ne pas commencer dès à présent à enlever nos masques pour essayer de nous rencontrer les uns les autres avec plus de profondeur ? 
Cela demande plus qu’un bonjour un peu rapide – même s’il est bienvenu ! je crois que nous devons tous redécouvrir cette « communion fraternelle » toute simple qui consiste à partager du temps, des repas ensemble – et aller à la découverte de la culture, la nation, la langue de l’autre qui est loue Dieu à côté de moi, pour apprendre à l’aimer vraiment ! 

3epoint : Tournés ainsi ensemble vers Dieu, l’Église est appelée à être un peuple d’adorateurs, qui espère en Dieu et proclame sa gloire. 

« Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau ».Avec toutes les créatures célestes, ils disaient « Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles ! ».

Louer, proclamer, espérer. Ces trois actions sont étroitement liées, car louer Dieu nourrit notre foi et notre espérance. Louer Dieu exerce notre regard pour voir les manifestations de son amour au quotidien. Louer Dieu nous décentre de nous-mêmes et nous centre vers Dieu, nous tourne vers le trône. 


La louange et la prière nourrissent aussi notre proclamation : « ils proclamaient.. ». 
L’Église est aussi le peuple que Dieu forme pour proclamer sa gloire et manifester son amour

Devant cette foule si diverse, on comprend que Dieu aime sans frontières. Est-ce notre cas ? Il m’arrive de me dire que ce n’est pas la peine d’aller vers telle ou telle personne, que ça ne sert à rien, qu’on est trop loin, trop en conflit, trop différents. 
Dieu nous appelle à sortir de nos frontières pour aller vers les autres pour les aimer, comme il le fait. 
Jean Vanier, un grand homme de foi qui est décédé cette semaine, a écrit que notre mission de disciples du Christ, c’est « donner aux autres, quels qu’ils soient, une nouvelle espérance » et leur « révéler.. la valeur qu’ils ont, leur capacité d’aimer, de grandir, de faire de belles choses et de rencontrer Dieu ». 

Nous ne pouvons accomplir cette mission sans souffrances, car il faut pour cela que notre cœur s’élargisse peu à peu aux dimensions du cœur de Dieu, et cela implique des renoncements, des prises de risque.Jean Vanier dit aussi : « Nous sommes appelés à renoncer à tous les comportements égoïstes du monde, à ne plus mettre toutes nos énergies à rechercher le pouvoir, la richesse, les honneurs et les relations intéressées… ». 

Le texte parle d’une « grande épreuve » que la foule a traversée. Nous avons tous à affronter celle-ci : vivre l’amour vrai à la suite du Christ. Se mettre au service des autres. Etre bienveillant. Ne pas juger ni condamner, mais pardonner. Aimer ses ennemis. Partager, donner, encourager. 
C’est très difficile ! 
Le chemin vers le trône passe forcément par là. Mais Jésus y marche avec nous. 


5eet dernier point : au bout de ce chemin, une plénitude de paix et d’amour nous attend auprès de Dieu, dans la vie éternelle auprès de lui : « ils se tiennent devant le trône de Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple ». 
Leurs souffrances sont finies, ils ne manquent plus de rien. Car « celui qui siège sur le trône » les abrite « sous sa tente. Ils n’ont plus faim, plus soif. Ils ne souffrent plus, car Dieu essuie toute larme de leurs yeux. Ils sont en communion avec Dieu. 

Telle est notre espérance




Tous les jeudis matin, en allant à une réunion de prière œcuménique, je passe dans ce tunnel pour piétons, près de Perrache. 

Là, une dizaine de familles se sont réfugiées, sous des tentes. Qu’est-ce qui a pu pousser ces gens à venir jusque-là, se tenir dans ces abris précaires, dans la saleté et le froid ? La peur sans doute, qui les a contraints à fuir la guerre, à fuir leurs pays. Mais surtout l’espoir d’une vie meilleure. Comment tenir dans de telles conditions, entre l’ombre et la lumière, sans espoir ? 
Ces gens ont faim, froid. Ils manquent de tout, et je pense que dans le secret de leurs tentes Quechua, le soir, ils pleurent.  

Même si nous vivons dans le confort, nous sommes avec euxdes « étrangers et des voyageurs sur la terre ». En transit vers le Royaume de Dieu. Encore en route vers la maison. Encore dans le tunnel. La lumière est là, toute proche, mais encore hors de portée.

Dans cet entre-deux parfois inconfortable, où le découragement menace, le Seigneur est déjà auprès de nous, et son trône nous est accessible, grâce à Jésus.


La lettre aux Hébreux mentionne ce « trône de Dieu » quand elle dit : « Approchons-nous avec assurance du trône de la grâce » , c’est-à-dire, « du Dieu tout puissant qui nous aime », « près de lui nous recevrons le pardon, nous trouverons son amour, et ainsi, il nous aidera au bon moment » (Hébreux 4.16, PDV).

S’approcher du trône de la grâce, dès aujourd’hui : c’est ce que nous faisons chaque fois que nous tournons nos pensées vers Dieu, par Jésus. Chaque fois que nous le prions, que nous cherchons son aide, que nous l’appelons au secours, que nous le louons ou que nous nous mettons à l’écoute de sa Parole… nous anticipons sur ce que nous vivrons dans les derniers temps, quand nous serons face à face avec lui

Alors nous qui sommes le peuple de l’espérance, ne perdons pas courage et au nom de Jésus, approchons-nous du trône de Dieu, dans la prière,à chaque occasion de notre vie

Tournons nos cœurs vers lui, même si c’est à tâtons, dans l’obscurité de nos tunnels – même quand la connexion semble interrompue. 

Jésus notre « berger » ne nous abandonnera pas. Il nous « abritera sous sa tente » et nous conduira vers des « sources d’eaux vives » dont nous ne soupçonnions même pas l’existence. 


Amen 

mardi 7 mai 2019

Apprendre à aimer comme Jésus - 1 Jean 4.7-13 - Ephésiens 4.31-5.2 - Une formation pour le monde à venir (F. Sépari)


Eglise de Lyon  (Diapo noire)                                                                      le 5 Mai 2019

A) Dans le cadre particulier du baptême d’Agnès qui va se dérouler lors du deuxième culte, j’ai estimé souhaitable de parler d’un sujet accessible à tous, à la fois aux jeunes et aux moins jeunes, aux personnes de passage et aux habitués de notre Eglise. J’ai donc choisi de vous parler tout simplement de l’importance d’apprendre à aimer : aimer Dieu bien sûr et aimer nos semblables aussi. Cela peut paraître un sujet un peu trop basique, mais ce sont souvent les sujets les plus simples et les plus évidents qui sont souvent les plus difficiles à vivre, à mettre en pratique et à s’approprier dans notre vie quotidienne ! J’aimerais pour introduire mon message lire deux textes bibliques : Le premier est tiré de la première épître de Jean, le second de l’épitre aux Ephésiens : (Diapo texte)(Diapo texte)(Diapo noire)

1 Jean 4 Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu, et toute personne qui aime est née de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l'amour de Dieu s’est manifesté envers nous: Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que par lui nous ayons la vie. 10 Et cet amour consiste non pas dans le fait que nous, nous avons aimé Dieu, mais dans le fait que lui nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. 11 Bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres. 12 Personne n'a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour est parfait en nous. 13 Nous reconnaissons que nous demeurons en lui et qu'il demeure en nous au fait qu’il nous a donné de son Esprit.

Ephésiens 4. 31 Que toute amertume, toute fureur, toute colère, tout éclat de voix, toute calomnie et toute forme de méchanceté disparaissent du milieu de vous. 32 Soyez bons et pleins de compassion les uns envers les autres; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu nous a pardonné en Christ. 1 Soyez donc les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l'amour en suivant l'exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s'est donné lui-même pour nous comme une offrande et un sacrifice dont l’odeur est agréable à Dieu.

B) L’amour auquel les apôtres nous invitent ici n’est pas celui des passions ou des désirs humains, celui que les films et les romans nous dépeignent avec beaucoup de force et de vigueur. C’est un amour différent, fait de bonté pure, de bienveillance désintéressée, plein d’une compassion qui ne s’attends pas à ce que les autres soient parfaits, et qui pourtant continue à les aimer tels qu’ils sont. C’est un amour qu’on appelait autrefois « charité », mais le mot a mal vieilli, car aujourd’hui  charité est synonyme de « faire l’aumône ». C’est un amour qui offre le pardon, offre la réconciliation et la reprise d’une relation …

En additions aux textes bibliques que nous venons de lire ensemble, il garder en mémoire que les deux plus grands commandements de la bible sont des commandements d’amour: (Dia Mat 22) Mat 22. 37  … : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. 38  C’est le premier et le plus grand commandement.39  Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Et puis la lecture du chap. 13 de l’épitre aux Corinthiens nous montre à quel point l’amour est véritablement central dans la pensée de l’apôtre Paul. Il le juge plus grand encore que la foi et l’espérance, pour la simple raison qu’il va demeurer toujours, jusque dans l’éternité !

Et donc, il est donc manifeste que le christianisme place un accent extrêmement fort sur l’amour, un accent qui dépasse largement ce qui se trouve dans d’autres philosophies ou même d’autres religions. (Diapo noire) Evidemment ce je dis, n’est pas vraiment un scoop pour vous ! Mais la question doit être posée : donnons-nous vraiment de l’importance à notre amour ? Savons-nous vraiment aimer les gens que Dieu place à nos côtés en commençant par nos proches, notre conjoint, nos enfants si nous en avons, nos amis, nos collègues ? 

C) A la lumière de ces passages de la Bible et de beaucoup d’autres encore, il semble juste de dire que notre raison d’être sur cette terre, notre mission première, n’est pas nous épanouir, ni d’accomplir telle mission extraordinaire, ni même de profiter au mieux de chaque seconde qui passe, ni même de chercher à connaître beaucoup de choses, y compris Dieu (ce qui est certes très important), mais d’apprendre à aimer ! (Diapo but)
 
Dans un processus apprentissage, voyez-vous, il y a souvent un écart significatif entre l’objectif lointain de celui qui nous éduque, et les exercices immédiats dont il se sert pour nous faire progresser !

L’objectif supérieur d’un professeur de mathématique ou de physique n’est forcément que nous ayons la tête pleine de formules, de méthodes ou d’équations, mais que nous apprenions progressivement à raisonner de manière plus juste, de façon logique. 

L’objectif supérieur d’un professeur de français n’est pas forcément que nous retenions toutes les structures littéraires ou poétiques imaginables, … mais que nous apprenions à nous exprimer et à poser des mots sur ce que nous comprenons et ressentons.

L’objectif supérieur des parents pour leurs propres enfants n’est pas qu’ils sachent faire leurs devoirs, ranger leur chambre, faire la vaisselle ou même préparer un repas, mais qu’ils acquièrent une forme d’autonomie et un esprit de service.

L’objectif supérieur de Dieu au travers tous les enseignements donnés par Moïse, par Jésus, et par l’exemple que Christ nous a donné, n’est pas que nous devenions des experts en théologie, mais que nous apprenions à aimer, à aimer vraiment !

Nous avons été créés pour recevoir de l’amour et pour en donner. Le but de Dieu pour notre vie, notre mission suprême est que nous puissions ressembler à Dieu en apprenant à notre tour à aimer vraiment comme lui nous aime. Il convient d’aimer Dieu d’abord, lui qui est parfait et qui nous a tout donné, et aussi aimer nos semblables de manière sincère et désintéressée ! Si comme le dit l’apôtre Jean : Dieu est amour, il est indispensable pour lui ressembler que nous apprenions à devenir comme lui, et à aimer comme Lui ! C’est la raison d’être de notre vie !

(Diapo noire) Même si c’est un sujet controversé, cela me fait penser à ces personnes qui lors d’un arrêt cardiaque, racontent avoir traversées une sorte de long tunnel, et être entrées dans une merveilleuse lumière d’amour, pleine de sérénité, de bienveillance au point que ce fut un arrachement pour elle de quitter ce lieu de paix. Une fois revenues à la vie, car leur temps n’était pas encore arrivé, certaines ont ajoutée qu’elles sentaient devoir revenir car elles avaient encore des personnes a aimé sur cette terre ! Je vous parle de cela ce matin, car j’ai longue discussion la semaine dernière avec ma coiffeuse qui m’a raconté avoir vécu une expérience de ce type, une expérience qui a profondément changé sa vision de la vie et de la mort. 

D’après la Bible, qui est inspirée par l’Esprit Saint, l’objectif le plus important de toute notre existence était de connaitre Dieu, de l’aimer comme lui nous aime et d’aimer notre prochain comme nous-mêmes !

C’est bien ce que l’apôtre Paul écrit dans le texte que nous avons lu (Diapo Eph 5) : 5 1 Soyez donc les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l'amour en suivant l'exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s'est donné lui-même.

D) L’amour de Dieu pourrait nous paraître une réalité abstraite et quelque peu mystérieuse voir même surhumaine, mais pour éviter ce piège, Paul nous invite justement à regarder à Jésus-Christ, c’est-à-dire à « Dieu fait homme » et à observer attentivement comment Il a vécu, comment il a aimé ses semblables, afin de pouvoir l’imiter à notre tour! Qu’a donc fait Jésus durant sa vie ? C’est intéressant à observer. (Diapo noire). En réalité, il n’a pas cessé d’aimer ceux qui l’entouraient, même si la manière et les circonstances changeaient à chaque fois !

a) Jésus a par exemple pris le temps de manger avec les parias de la société juive : les collecteurs d’impôts à la solde des romains, et les femmes de mauvaises vie, les prostituées. En mangeant avec eux, alors que personne ne voulait le faire, il leur montré un intérêt sincère et leur a envoyé un message d’amour inconditionnel. Ce n’était évidemment pas une approbation touchant leur comportement, mais une affection profonde pour leur personne même. Et cet amour a touché le cœur de plusieurs d’entre eux. Jésus a même osé dire à un pharisien scrupuleux, respectant fidèlement la loi, que l’amour de la femme d’une mauvaise vie qui venait de pleurer à ses pieds était plus grand que le sien. (Un amour inconditionnel !)

b) Jésus a aussi pris le temps d’accompagner ses disciples à la fois sur les routes poussiéreuses de Galilée, mais aussi dans leur cheminement spirituel. Il a pris le temps de les écouter patiemment, de répondre à leurs questions, de corriger leur fausses interprétations, de les faire progresser en leur lançant de petits défis personnels à relever… Parfois c’était difficile pour lui à cause de leur lenteur à comprendre, à cause de leur manque de foi, et des mauvaises dispositions de leur cœur. Et quelque fois Jésus a même protesté : Jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand vous supporterai-je ? Mais Sa persévérance, sa patience était le signe de son amour pour eux ! (Un amour qui ne se lasse pas !)

c) Jésus a aussi aimé tous ces juifs anonymes qui se pressaient pour obtenir une guérison, pour entendre une parole d’espérance. Non seulement, il a accompli pour eux des miracles incroyables comme signe de l’amour de Dieu pour eux, mais plusieurs fois, il a avoué être profondément ému par leur détresse : Matthieu 9:36  Voyant la foule, il [Jésus] fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger. Près de 10 fois, cette expression revient dans les Evangiles pour qualifier l’attitude de cœur de Jésus. (Un amour chargé de compassion !)

d) Jésus a aussi aimé les chefs religieux de son époque, les pharisiens, les saducéens, qui était jaloux de sa notoriété et qui voulaient le faire mourir. Il les a aimés en prenant le temps de répondre à leur question, en redirigeant leurs pensées vers une compréhension plus juste et plus vraie des Ecritures saintes. Et même quand il a su que leur méchanceté l’avait emportée, que leur décision était arrêtée, et qu’il serait prochainement condamné, et mis à mort. Jésus n’a pas pu s’empêche d’exprimer son affection pour son peuple, et notamment pour ses responsables religieux orgueilleux et inconscients : Matthieu 23:37  Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! (Un amour qui aime les fautifs sans pour autant aimé leurs mauvaises actions !)

e) Mais Jésus a mis le comble à son amour, en transformant cette condamnation injuste prononcée par des hommes jaloux, en une occasion de faire encore plus de bien ! Il a demandé à Dieu son Père (qui ne pouvait rien lui refuser, et qui d’ailleurs l’avait envoyé pour cette mission)… (Diapo croix) Il a demandé à Dieu son Père l’autorisation que son agonie sur la croix et que sa descente au séjour des morts, deviennent une occasion de porter lui-même toutes les fautes, toutes les méchancetés, toutes les lâchetés, toute la culpabilité des êtres humains. Il a demandé à Dieu le privilège de porter la faute de tous ceux qui lui ont espéré en Lui, de prendre le châtiment des hommes qui reconnaissent leurs manquements, de prendre sur lui leur condamnation, leur péché, afin qu’ils soient pleinement réconciliés avec Dieu le Père. Je ne sais comment une telle chose est possible, c’est mystérieux, mais la Bible explique clairement que Jésus a été « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde  (Jean 1.29)» et que son amour pour nous a été au-delà de toute mesure ! Et c’est aussi ce qu’affirment les textes que nous avons lu ensemble au début de ce message. (Diapo 1Jn 4) 1 Jean 4. Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que par lui nous ayons la vie. 10 … [Il] a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés.

Jésus a  expié nos fautes, et il nous a aimés de façon totale, complète… Il a manifesté un amour et une bonté magnifiques, et en même temps totalement compatible avec une vie humaine normale, avec une vie marquée par les difficultés et les épreuves. C’est un exemple qu’il nous a laissé, pour que nous comprenions à notre tour qu’elle est notre mission pour cette vie, aimer sans conditions, et sans crainte !  (Diapo Eph 5) 1 Soyez donc les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l'amour en suivant l'exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s'est donné lui-même

Il me semble important de méditer cette pensée de l’apôtre Paul, et d’essayer de passer en revue les diverses circonstances de notre vie pour voir ce qui changerait si nous apprenions à aimer comme Jésus l’a fait : de manière inconditionnel, avec persévérance, avec compassion, en acceptant les autres tels qu’ils sont, et parfois avec un esprit de sacrifice.

E) (Diapo noire) Nous sommes là sur terre pour apprendre à aimer. C’est notre mission, notre course, notre objectif suprême ! Pensons à l’impact d’une parole d’encouragement sur un enfant ! Pensons à ce qui se passe dans le cœur d’une personne quand nous l’aidons gratuitement ! L’amour que nous aurons développé ici-bas portera des fruits qui vont subsister jusque dans l’éternité.
Plus nous apprendrons à aimer les autres, plus nous allons nous-mêmes comprendre la grandeur de l’amour de Dieu pour nous, et plus nous allons être émerveillé par sa grâce et par sa compassion à notre égard. Notre cœur est un peu comme une coupe (Diapo coupe) qui va en s‘élargissant, dont la contenance va en s’accroissant, au fur et à mesure que nous grandissons dans l’amour. Cette vie est l’occasion pour nous de façonner la coupe de notre cœur qui va plus tard nous permettre de recevoir tout l’amour que Dieu veut déverser en nous !

Evidemment je ne sais pas à quoi ressemblera le royaume des cieux. (Diapo noire) Mais d’après les Ecritures Saintes, j’imagine que l’amour divin remplira chaque partie de ce royaume et aussi chaque être qui l’habitera. Il sera un peu comme l’air que nous respirons aujourd’hui. Si cette image est juste, il est indispensable que durant notre temps de gestation sur cette terre, nous apprenions à développer nos poumons spirituels, en marchant dans l‘amour! 

Vous le savez, les poumons semblent ne servir à rien au bébé tant qu’il demeure dans le ventre de sa mère, mais ils lui seront indispensables dans sa vie ultérieure ! De même, nous pourrions penser, à tort, qu’apprendre à aimer ne sert à rien dans le monde présent puisqu’il est régit pas la loi du plus fort, par la ruse des manipulateurs et par les exploiteurs de toute nature. Aimer des gens pas ou peu aimables peut même nous causer quelques ennuis, mais c’est malgré tout ce que Dieu veut nous apprenions à faire aujourd’hui dans cette vie, car cela nous sera indispensable plus tard ! Le prix que nous payons aujourd’hui lorsque nous rendons service, lorsque donnons un peu d’amour gratuit, n’est rien en comparaison de ce que Dieu nous réserve, rien en comparaison des transformations bénéfiques que cela produit dans notre âme ! Jésus nous a donné un modèle à suivre ! 

F) En fait, on ne peut pas aimer comme Jésus sans nous faire aider de Lui, parce que c’est un amour surnaturel ! Il convient de demander de l’aide à Dieu dans la prière ! 

Un chrétien est quelqu’un qui, un jour, par une action invisible de l’Esprit, a reçu dans son cœur une révélation de l’amour divin. Et par le même Esprit, Dieu a déposé dans son cœur, dans son âme, une graine de foi et d’amour, une petite graine qu’il est appelé à faire germer, à faire grandir et fructifier. En fait, la relation d’amour commence sur l’initiative de Dieu, pas sur la nôtre, mais encore faut-il que nous acceptions d’y répondre … car Dieu ne force personne ! L’apôtre Jean explique fort bien cette vérité quand il écrit : (Diapo 1 Jn 4) 10 Et cet amour consiste non pas dans le fait que nous, nous avons aimé Dieu, mais dans le fait que lui nous a aimés et a envoyé son Fils ...

Par Jésus-Christ Dieu nous a tendu la main, il a pris l’initiative, il nous offert son amour à nous d’y répondre ! (Diapo noire)

Agnès ne se ferait pas baptisée ce matin, si elle n’avait pas reçu de Dieu une compréhension nouvelle du sens de sa propre vie, et si elle n’avait pas été saisie dans son for intérieur par l’amour inconditionnel de Dieu. Le baptême qu’elle va vivre dans quelques instants est le signe de sa mort à son ancienne vie sans Dieu, et de sa renaissance à une vie nouvelle avec Dieu au centre ; une vie dirigée et guidée par l’amour ! Que Dieu nous aide tous à apprendre à aimer, afin que nous utilisions bien le temps qui nous est accordé sur cette terre ! Amen !

Prière

Questions pour les petits groupes :
Relire 1 Jean 4 : 7-13 ; Eph. 4.31- 5.2 ; Matt 22. 37-38

  1. Selon vous (et si possible en vous appuyant sur d’autres passages des Ecritures) quelle est la définition du mot « prochain », et jusqu’où s’étend le cercle des personnes que nous devons apprendre à aimer ? Qu’est-ce qui pratiquement peut venir limiter le[F1]  nombre global de personnes qu’il nous faut aimer ? Y a-t-il des priorités à respecter dans l’amour que nous devons donner aux uns et aux autres ? Si oui lequel ?
  2. En fonction de votre personnalité, de vos expériences passées, qu’est-ce qui est de nature à venir freiner votre amour du prochain ? Partager ce qui vous semble facile, et ce qui vous semble difficile ?
  3. Si vous vous en sentez la liberté, partager une expérience de vie où un amour de nature amical, fraternel ou familial vous a aidé à grandir ou à surmonter une épreuve ?
  4. Comment comprenez-vous l’expression : « Dieu est amour » ? En quoi la notion d’un Dieu en trois personnes peut nous aider à saisir l’amplitude de cette pensée ? Comment imaginez-vous l’amour de Dieu à la lumière de ce que vous savez de Jésus-Christ ? Que nous enseigne l’image de la relation parent-enfant souvent utilisée pour décrire notre relation avec Dieu ?
  5. Parmi tous les qualificatifs de l’amour de Jésus :
         -        inconditionnel,
         -        persévérant,
         -        plein de compassion,
         -        compréhensif (acceptant l’autre tel qu’il est),
         -        sacrificiel, 

Quel est celui où vous sentez que vous pourriez faire le plus de progrès ? A ce sujet, et sans forcément le partager , prenez quelques instants pour imaginer une situation pratique où vous pourriez changer votre façon d'aimer votre prochain (conjoint, enfants, collègues, amis, voisin …) !





 [F1]rsn